« Retour au blog de stef209

*2eme Partie*

*2eme Partie*

Avant d'écrire " Beat It ", je pensais que je voulais écrire le genre de rock'n roll que j'irais acheter pour moi, mais je voulais que ça soit complètement différent de ce que j'écoutais au top 50, à la radio, tout le temps.





" Beat It " a été écrit à l'intention des gamins qui vont à l'école. J'ai toujours aimé écrire des trucs qui plaisent aux enfants. C'est vraiment chouette d'écrire pour eux et de savoir qu'ils aiment ça, parce qu'ils sont un public très exigeant. On ne peut pas les blouser. Ils sont mon public le plus important, même maintenant, parce que je les aime vraiment et je veux leur plaire. S'ils aiment ce que je fais, c'est un hit à tous les coups, peu importe le classement des palmarès.

Les paroles de " Beat It " expriment quelque chose que je ferais si j'étais agressé. Le message, " je hais la violence ", est une chose à laquelle je crois profondément. Je dis aux enfants d'être malins et d'éviter les coups. Je ne veux pas dire par là qu'il faut tendre la joue gauche quand on vient de se faire agresser, mais, sauf quand on a le dos au mur et qu'il n'y a plus de choix possible, il faut SE TIRER avant que la violence explose. Si vous vous battez et que vous êtes tué, vous n'avez rien gagné, vous êtes le grand perdant de l'histoire, et les gens qui vous aiment aussi. C'est ça le message de " Beat It ". Pour moi, le vrai courage c'est d'accepter le différent, et les différences, en évitant la bagarre, et en utilisant la sagesse pour que cette solution soit possible.






Quand Q a téléphoné à Eddie Van Halen, celui-ci a cru que c'était un canular. A cause de la ligne téléphonique, qui était brouillée, Eddie a pensé que la voix du type à l'autre bout de la ligne était celle d'un plaisantin. Il a donc envoyé Q se faire voir, et Q a renouvelé son appel. Eddie a accepté de faire la séance pour nous et ça a donné l'incroyable solo de guitare de " Beat It ".

Les nouveaux membres de l'équipe faisaient partie du groupe Toto, qui avait déjà enregistré des tubes : " Rosanna " et " Africa ". Ils étaient très connus comme musiciens avant de faire leur groupe. A cause de leur expérience, ils connaissaient les deux aspects du travail de studio, et ils étaient capables à la fois d'improviser et de suivre exactement les consignes du leader. Steve Porcaro avait travaillé sur " Off The Wall " tout en étant pianiste-clavier attitré de Toto. Cette fois il avait amené toute son équipe avec lui. Tous les musicologues savent que le leader du groupe, David Paich, est le fils de Marty Paich, qui a travaillé sur les grands standards de Ray Charles comme " I Can't Stop Loving You ".











J'aime " Pretty Young Thing " qui a été écrit par Quincy et James Ingram. " Don't Stop Till You Get Enough " m'avait ouvert l'appétit et donné envie de refaire une intro parlée. J'ai toujours eu une voix douce et je n'ai pas de raison de la cacher en chantant tout le temps. Je n'ai pas cultivé ni trafiqué le son de ma voix : elle est telle que Dieu me l'a donnée, et c'est à prendre ou à laisser, c'est la mienne. Imaginez ce qu'on l'on peut éprouver quand on est critiqué pour quelque chose qui est un don de Dieu, et qui est complètement naturel. Imaginez à quel point ça fait mal quand la presse répand de fausses rumeurs, qu'il faut essayer de contredire, de justifier, en sachant que les gens ont du mal à vous croire, tout simplement parce que les commérages et les scandales font de bons papiers. Il faut alors raconter une autre histoire pour essayer de rétablir la vérité et effacer le poison du mensonge. J'ai toujours refusé de donner des démentis à toutes ces inventions parce que cela donne trop d'importance aux gens qui ont inventé ces histoires. Rappelez-vous que la presse est un business : les journaux et les magazines sont là pour faire de l'argent, parfois aux dépens de la vérité.

En tout cas, dans l'intro de " Pretty Young Thing ", j'étais un peu plus sûr de moi que sur le dernier album. J'adorais les mots rigolos, farfelus, tout cet argot rock'n roller qu'on ne trouve pas dans le dictionnaire. J'ai demandé à Janet et à La Toya de venir en studio pour chanter cette chanson-là et elles ont fait des vrais choeurs. James Ingram et moi avons programmé un appareil que les ingénieurs de son connaissent bien et qui s'appelle un Vocoder, pour donner le timbre E.T. à la voix.






" Human Nature " a été écrit par les types de Toto qui l'ont apporté à Quincy. Nous sommes tombés d'accord tous les deux : c'était la plus jolie mélodie qu'on ait entendue depuis longtemps. C'est encore plus beau que " Africa " ; c'est une musique céleste. On m'a souvent demandé ce que signifiaient les paroles : " Pourquoi est-ce qu'il me fait ça...J'aime l'amour comme ça..." Les gens croient toujours que les paroles qu'on chante nous ressemblent, et qu'elles ont un sens particulier pour nous, mais souvent, ce n'est pas vrai. Ce qui compte c'est d'émouvoir les gens, de les toucher. On peut le faire avec la mosaïque de la mélodie, des arrangements et des parole, parfois le contenu des mots est purement intellectuel... On m'a souvent posé des questions sur la chanson "Muscles ". Je l'ai écrite et réalisé pour Diana Ross. Cette chanson est la façon dont j'ai toujours rêvé de lui redonner toute ce qu'elle m'a donné, tout ce qu'elle a fait pour moi. J'ai toujours aimé Diana et je l'admire toujours, j'essaie de le lui prouver. A part ça, " Muscles " est aussi le nom que j'ai donné à mon serpent.

" The Lady In My Life " a été une des chansons les plus difficiles à réaliser en studio. Nous avions l'habitude de faire énormément de prises pour avoir un son de voix aussi parfait que possible, mais avec celle-là, Quincy n'était pas satisfait de ma façon de chanter, même après des douzaines de prises. Finalement, il m'a pris à part et il m'a demandé de chanté d'un ton suppliant.





C'est exactement ce qu'il m'a dit. Il m'a demandé de retourner dans la cabine et de " supplier ". Alors j'y suis retourné, ils ont éteint les grosses lumières du studio, ils ont fermé les rideaux entre le studio et la cabine des ingénieurs pour que je me sente plus à l'aise. Q a donné le signal et j'ai supplié... Le résultat, c'est ce qu'on entend.

Puis la maison de disque a commencé à nous talonner pour qu'on finisse " Thriller " plus rapidement. Quand ils veulent nous faire activer, ils mettent vraiment la pression, et ils nous ont poussé pour qu'on termine au plus vite. L'ultimatum était lancé : le disque devait être prêt à telle date, et pas un jour de plus.

Alors on s'est vraiment défoncés pour finir l'album dans les temps. On a commencé à faire des tas de compromis sur les " mixes ", et même sur certaines prises. A force d'arrondir les angles, on était en train de démolir tout l'album.

Quand on a fini par écouter ce qu'on devait leur présenter, "Thriller" sonnait tellement bordélique que j'en ai eu les larmes aux yeux. On m'avait mis une telle pression pour essayer de finir "Thriller ", tout en travaillant aussi sur l'histoire de E.T., que c'était trop. Tout le monde se bouffait le nez à propos de ce projet et, finalement, la triste vérité était que les mixes de " Thriller " ne valaient rien.

Nous nous sommes assis dans le studio Westlake à Hollywood, et nous avons écouté l'album en entier. J'étais effondré. La colère m'a envahi, et j'ai quitté la pièce en disant : " Terminé ! On ne sortira pas l'album. Appelez CBS et dites-leur qu'on ne leur donnera pas cet album. Je refuse de le laisser sortir. "

Je savais que ce serait une erreur. Si nous n'avions pas arrêté la machine, et écouté attentivement ce que nous avions fait, le disque aurait été un désastre. Il n'aurait jamais reçu les hommages qu'il a reçus, parce que, comme on l'apprend vite, on peut ruiner un excellent album au mixage. C'est comme le montage d'un film. Aussi fragile. Pour cela, il faut prendre le temps de le faire bien.

Il y a des choses qu'on peut pas faire vite.

Il y a eu des cris et des grincements de dents du côté de la maison de disques, mais finalement ils se sont montrés intelligents et ont compris. Eux aussi, ils le savaient. Mais j'étais le premier à avoir le courage de le dire. En fin de compte, il a fallu remixer l'album entièrement ; on s'est pris deux jours de vacances, histoire de respirer et de prendre du recul. Puis on est revenus en studio avec des oreilles toutes neuves, et on a recommencé le mix à raison de deux chansons par semaine. Quand on eut terminé – Wouah ! -- ça frappait fort ! CBS a entendu la différence, " Thriller " était un projet de taille.

J'étais tellement heureux quand tout a été fini. Je brûlais d'impatience en attendant la sortie du disque. Le dernier jour, quand on a quitté le studio pour de bon, on a même pas fait la fête pour célébrer l'événement ; on est pas allés en discothèque non plus. On est allé se reposer. De toute façon, je préfère rester chez moi avec les gens que j'aime. C'est ma façon de faire la fête





Les trois vidéos qui ont été tirées de " Thriller ", " Billie Jean ", "Beat It " et " Thriller ", sont des concepts que j'ai créés pour l'album. J'étais décidé à présenter cette musique de la façon la plus visuelle possible. Je me souviens que je regardais ce que faisaient les gens avec la vidéo, et je trouvais ça aberrant, tellement et primitif. Je regardais les mômes avaler toute cette médiocrité, et périr d'ennui parce qu'il y avait rien d'autre. J'ai toujours envie de donner le maximum, dans tout ce que j'entreprends, alors pourquoi travailler autant sur un album et tout massacrer en produisant une vidéo minable ? Je voulais quelque chose qui vous colle à votre siège, quelque chose que vous auriez envie de regarder sans arrêt. Je voulais donner de la qualité aux gens. Je voulais aussi être un pionnier dans cette aventure et réaliser les meilleurs films musicaux, les meilleurs clips, que personnellement je préfère appeler " films ". Sur le tournage, je parlais toujours du " film " que nous étions en train de faire, et c'est mon approche. Je voulais m'entourer des gens les plus talentueux du business, le meilleur réalisateur, le meilleur photographe, le meilleur éclairagiste... Nous ne filmions pas en vidéo mais en 35 mm. C'était sérieux.

Pour le premier clip " Billie Jean ", j'ai interviewé plusieurs réalisateurs, car je voulais trouver la perle rare. Beaucoup d'entre eux ne m'ont pas montré de matériel véritablement original.

Plus je visais haut, plus la compagnie de disque mettait de réticence à donner un budget adéquat.







Alors, j'ai fini par financer moi-même " Beat It " et " Thriller " parce que je n'avais pas envie de me bagarrer avec les gens pour l'argent. Par conséquent, je suis devenu propriétaire de ces films à part entière.

" Billie Jean " a été fait avec l'argent de CBS, environ 250,000 dollars. A cette époque, ça représentait beaucoup, d'argent pour une vidéo, mais ça m'a fait plaisir de voir qu'ils croyaient autant en moi. Steve Baron qui a réalisé ce film avait beaucoup d'imagination, bien qu'il n'ait pas été d'accord au départ sur mon intention d'y mettre de la danse. Je sentais que les gens aimeraient voir de la danse sur ce clip. Les pas de danse que je fais sur la pointe des pieds et la plupart des autres mouvements ont été spontanément improvisés.

Le clip de " Billie Jean " fit une grosse impression sur le public de MTV et ce fut un grand succès.

" Beat It " a été réalisé par Bob Giraldi, qui avait fait beaucoup de pubs télé. Je me souviens que j'étais en Angleterre ; on a décidé de sortir " Beat It " comme deuxième 45 tours de l'album "Thriller" et il a fallu choisir un réalisateur.

Je sentais que le scénario devait coller exactement avec la chanson que j'avais écrite : un gang contre l'autre dans les rues " dures " de la ville. Il fallait que ça soit fort, violent, dur, puisque c'était le thème de " Beat It ".





En rentrant à Los Angeles, j'ai vu le " show-tape " de Bob Giraldi et j'ai tout de suite su que c'était lui qui devait faire " Beat It ". J'avais aimé la façon dont il racontait ses histoires dans son travail, et je lui ai parlé de " Beat It ". Nous avons échangé nos idées, et c'est comme ça que le clip a été créé. Nous avons modelé, sculpté le story-board jusqu'à ce que ça nous plaise.






Je pensais aux bandes de jeunes qui vivent dans la rue, quand j'ai écrit " Beat It ". Aussi, on a fait le tour des gangs les plus féroces de la ville de Los Angeles, et on les a fait travailler sur le film. Ça s'est avéré une bonne idée et une expérience fantastique pour moi. Il y avait vraiment des durs de durs sur le plateau, et ils n'avaient rien de figurants déguisés en loubards. Ils ne jouaient pas la comédie comme des acteurs : ils étaient sérieux... Ils rentraient dans l'histoire " pour de vrai ". Il faut dire que je n'avais jamais vraiment fréquenté de gars de ce milieu et ils m'intimidaient carrément au départ. Mais on avait un service d'ordre tout autour, au cas où ça dégénérerait. Très vite, on s'est aperçus qu'on n'avait pas besoin de gardes du corps, et que les membres de ces gangs se comportaient avec nous de façon humble, gentille et sympa. Nous leur donnions de quoi manger pendant les pauses, et ils rangeaient les plateaux et nettoyaient ce qu'ils avaient sali.. J'ai commencé à comprendre que toutes ces images sur les méchants leur servent de système et d'identification. Ce qu'ils voulaient, c'était qu'on les voie, qu'on les reconnaisse et qu'on les respecte, et ils étaient ravis à l'idée de passer à la télé. " Hé, regarde-moi, je suis quelqu'un ! " Je pense sincèrement que la plupart de ces types se comportent ainsi pour cette raison : ce sont des rebelles, mais des rebelles qui veulent l'attention et le respect. Comme nous tous ! Ils veulent seulement qu'on les regarde. Au moins pendant quelques jours, ils ont été des stars.






Ils étaient tellement super avec moi, polis, silencieux, chaleureux. Quand je finissais mes numéros de danse, ils me félicitaient sur mon travail, et c'était vraiment sincère. Ils me demandaient une foule d'autographes, et ils étaient souvent attroupés autour de ma caravane. Je leur donnais tout ce qu'ils me demandaient : des photos, des autographes, des billets pour ma tournée Victory, n'importe quoi. C'était une bande de types sympas.

La vérité de cette expérience est sortie à l'écran. Le clip " Beat It " est plutôt menaçant, et on " sent " les émotions de ces garçons. On sent la rue, et ce qu'est leur vie dans la rue. Quand on regarde " Beat it ", on sait que ces mômes sont durs. Ils sont eux-mêmes, et ça passe. Rien à voir avec ce qu'auraient pu faire des acteurs. C'est leur esprit qui sort à l'écran.

Je me suis souvent demandé si, de leur côté, ils ont reçu mon message comme j'ai reçu le leur.

# Posté le vendredi 01 février 2008 14:53

« Article précédent : Chap 5~La danse: Moonwalk~ *1ere Partie*

Article suivant : *3eme Partie* »