Mon père décida alors que ce qui se passait dans sa famille commençait à devenir sérieux. Il passa de moins en moins de temps avec les Falcons et de plus en plus de temps avec nous. On travaillait tous ensemble et il nous apprenait la technique de la guitare et tous les trucs qu'il connaissait. Marlon et moi étions trop petits pour jouer, mais on regardait et on apprenait en regardant. L'interdiction d'utiliser la guitare de papa en son absence était toujours maintenue, mais mes frères passaient outre dès qu'il avait le dos tourné. La maison de la rue Jackson était envahie par la musique. Papa et maman avaient payé des leçons de musique à Rebbie et Jackie quand ils étaient petits, aussi avaient-ils de bonnes bases. Nous, nous allions dans les écoles de musique de Gary. Pourtant, tout ce travail n'était pas suffisant pour user toute notre énergie.
Les Falcons gagnaient de l'argent dans les concerts, et même si cet argent n'était pas régulier, ça faisait toute la différence pour nous. On avait assez pour manger et vivre, mais bien entendu il ne restait rien de superflu. Maman travaillait à mi-temps dans le grand magasin Sears. Papa allait encore à l'usine, et tout le monde mangeait à sa faim. En y repensant, financièrement on se trouvait quand même dans une sorte d'impasse.
Un soir, papa tardait et maman commençait à se faire du souci. Quand il est arrivé, elle s'apprêtait à lui tailler un costume. C'était une scène qu'on voulait pas manquer. Mais il passa la tête par la porte, avec un petit sourire malicieux en essayant de cacher quelque chose derrière son dos. Ce fut un choc pour tout le monde quand il brandit une superbe guitare rouge flamboyante, légèrement plus petite que la sienne. On espérait tous qu'il nous donnerait la vieille guitare du placard. Mais papa déclara que la nouvelle était pour Tito. Papa demanda à Tito de nous la prêter à condition que ce soit pour travailler sérieusement. Pas question de l'emporter à l'école ou de la sortir de la maison pour frimer. C'était un cadeau sérieux et ce jour-là fut un moment mémorable dans la vie de ma famille.
Maman était contente pour nous, mais elle savait aussi que son mari avait des projets très ambitieux pour nous. Il avait commencé à lui parler le soir quand nous dormions. Il rêvait, et la guitare n'était que le début de ses plans. Très vite, il nous a acheté non plus des cadeaux, mais de l'équipement. Jermaine reçut une basse et un ampli. Jackie, des shakers. Petit à petit, notre chambre se mit à ressembler à un magasin de musique. J'entendais souvent papa et maman se disputer parce que tous ces instruments et accessoires coûtaient beaucoup d'argent et qu'elle avait déjà du mal à joindre les deux bouts. Mais papa savait la persuader et il connaissait toutes les ficelles.
On avait même des micros dans la maison. A l'époque, ça représentait un véritable luxe, surtout pour une femme qui devait gérer un budget très petit, mais j'ai très vite compris qu'il ne s'agissait pas d'un caprice inutile. Cela nous permettait de nous préparer pour les concours d'amateurs que nous faisions très souvent. J'y ai vu des gens qui devaient sûrement chanter très bien quand ils étaient chez eux, mais qui ne savaient pas se servir d'un micro et qui criaient trop fort, comme s'ils voulaient prouver qu'ils n'en avaient pas besoin, ou qui tout simplement étaient paralysés dès qu'ils se retrouvaient devant cet appareil. Ils n'avaient pas l'avantage que nous avions, avantage que seul l'expérience peut donner. Je pense que cela a rendu jaloux beaucoup de nos concurrents. Il est certain que notre maîtrise des micros nous donnait un plus sur eux. Mais puisque nous faisions tellement de sacrifices, en loisirs, amis, travail scolaire, personne avait le droit de nous en vouloir. Nous devenions vraiment bons, mais nous travaillions comme des adultes.
Pendant que je regardais mes frères plus âgés, papa avait décidé de nous joindre deux jeunes garçons à l'orgue et à la batterie. Il s'agissait de Johnny Jackson et Randy Rancifer. Marlon, quant à lui, jouait des bongos. Motown a prétendu par la suite qu'ils étaient nos cousins, histoire d'embellir la mythologie familiale. C'était faux. Par contre, nous étions devenus un véritable orchestre. Moi, j'étais comme une éponge, et j'essayais d'emmagasiner autant que je pouvais, en observant les autres. J'étais complètement fasciné quand mes frères répétaient, ou jouaient pour une œuvre de charité, ou dans les centres commerciaux. Celui qui m'épatait le plus, c'était Jermaine, parce qu'il était le chanteur, et qu'il était mon grand frère, Marlon était trop proche de moi. Jermaine m'emmenait à la maternelle, et j'héritais de tous ses vêtements. Quand il faisait quelque chose, j'essayais de l'imiter. Quand j'y parvenais, je faisais mourir de rire mes frères et mon père, par contre, quand j'ai commencé à chanter, ils m'ont écouté.
Je chantais avec une voix de bébé, en imitant les sons que j'entendais. J'étais tellement jeune que je n'avais aucune idée de ce que signifiaient les mots que je disais, mais plus je chantais, plus ma voix s'affirmait.
J'ai toujours su danser. Comme Marlon n'avait qu'un an de plus que moi, je le suivais partout et je l'observais, parce que Jermaine devait porter sa basse. Très vite, je me suis préparé à rejoindre mes frères en m'exerçant à chanter tout seul à la maison. En travaillant tous ensemble, nous avons très vite pris conscience de nos forces et de nos faiblesses, et chacun trouva sa place, naturellement.
Notre maison, à Gary, était minuscule. Il n'y avait que trois places, mais à ce moment-là, elle me paraissait plus grande. Quand on est petit, le monde entier paraît tellement plus vaste. Quand nous sommes retournés à Gary quelques années plus tard, ce fut une véritable surprise de voir combien la maison était petite. Elle n'était pas plus grande qu'un garage, et pourtant, quand on y vivait, à nous les enfants, elle nous convenait très bien.
J'ai un souvenir très vague de l'école, si ce n'est le premier jour d'entrée à la maternelle, que j'avais détesté : je ne voulais pas quitter ma mère.
Par la suite, comme tous les autres, je m'y suis fait, et j'ai adoré mes institutrices. Elles étaient toujours très douces et très affectueuses avec moi. Chaque fois que je passais d'une classe à l'autre, elles pleuraient et m'embrassaient en me disant que ça leur faisait beaucoup de peine que je les quitte. Je les adorais à un tel point que je volais les bijoux de ma mère pour leur en faire cadeau. Elles étaient très touchées, mais quand ma mère s'en est aperçue, j'ai dû mettre un terme à ma générosité. Ce besoin que j'avais de leur donner quelque chose montrait toute la gratitude que j'avais pour l'amour que l'on me donnait.
Un jour, en primaire, j'ai participé à un petit spectacle, organisé à l'école. Il fallait que chacun participe à sa manière. En rentrant chez moi, j'en ai parlé avec mes parents. On a décidé que je porterais des pantalons noirs et une chemise blanche et que je chanterais " Climb Ev'ry Mountain " un extrait de " The Sound of Music ". Quand j'eus fini de chanter, la réaction du public me submergea. Tout le monde souriait et la salle croulait sous les applaudissements. Certains étaient debout. Mes institutrices pleuraient. Je n'en revenais pas. Je les avais rendus heureux. C'était extraordinaire. En même temps, je me sentais embarrassé, parce que personnellement, je ne me trouvais rien de spécial. Je chantais seulement comme j'avais l'habitude de le faire chez moi tous les soirs. Quand on est sur scène on n'a aucune idée de l'image qu'on projette de l'autre côté. On se contente d'ouvrir la bouche et de chanter.
À partir de ce jour, papa a commencé à prospecter pour nous trouver des concours d'amateurs. C'était un manager de premier ordre. Il dépensait beaucoup d'argent et de temps pour travailler avec nous. Le talent, c'est Dieu qui nous le donne, mais notre père nous a appris à le cultiver. De plus, je pense qu'on avait l'instinct du show-business. On adorait être sur une scène, et on donnait tout ce qu'on avait dans le ventre. Chaque soir, à notre retour de l'école, papa s'asseyait à côté de nous, et on répétait. On jouait pour lui, et il nous faisait ses critiques.
Quand on se plantait ou qu'on faisait les fous, il nous ratait pas. Les coups de ceinture pleuvaient ! Il ne nous passait rien. Il était vraiment très sévère avec nous. Marlon en prenait souvent plus que nous.
Par contre, moi, je me faisais battre pour des bêtises, en dehors des séances de répétition. Papa me rendait tellement fou de rage et me faisait tellement mal que j'essayais de me rebiffer et de lui rendre ses coups, ce qui ne faisait qu'aggraver les choses. Je lui balançais une chaussure par la figure, ou je tentais de lui mettre un coup de poing. Du coup, j'en prenais encore plus que les autres réunis. Je lui rentrais dedans et mon père me laissait sur le carreau. Maman m'a dit que je m'étais toujours rebiffé contre ses coups, même quand j'étais tout petit. Cela, je ne m'en souviens pas. Je me rappelle que je courais sous les tables pour lui échapper, et ça le rendait encore plus fou. Lui et moi, nous avons eu des relations très difficiles.
On répétait " tout le temps ". Parfois, tard le soir, on s'amusait avec nos jouets. On a pu faire quelques parties de cache-cache, ou sauter à la corde, tout au plus. La plupart du temps, on travaillait. Je me souviens que nous nous précipitions tous sur nos instruments dès que nous entendions mon père arriver. S'il ne nous trouvait pas en train de répéter, ça risquait de chauffer pour nous.
Maman nous aidait autant qu'elle le pouvait. C'est elle qui avait senti notre talent et elle continuait à nous encourager à utiliser notre potentiel. J'ai du mal à imaginer que nous serions arrivés là où nous sommes sans son amour et sa bonne humeur. Elle s'inquiétait de nous voir travailler autant, de la tension dans laquelle nous vivions, mais nous voulions être les meilleurs et nous adorions la musique.
Les Falcons gagnaient de l'argent dans les concerts, et même si cet argent n'était pas régulier, ça faisait toute la différence pour nous. On avait assez pour manger et vivre, mais bien entendu il ne restait rien de superflu. Maman travaillait à mi-temps dans le grand magasin Sears. Papa allait encore à l'usine, et tout le monde mangeait à sa faim. En y repensant, financièrement on se trouvait quand même dans une sorte d'impasse.
Un soir, papa tardait et maman commençait à se faire du souci. Quand il est arrivé, elle s'apprêtait à lui tailler un costume. C'était une scène qu'on voulait pas manquer. Mais il passa la tête par la porte, avec un petit sourire malicieux en essayant de cacher quelque chose derrière son dos. Ce fut un choc pour tout le monde quand il brandit une superbe guitare rouge flamboyante, légèrement plus petite que la sienne. On espérait tous qu'il nous donnerait la vieille guitare du placard. Mais papa déclara que la nouvelle était pour Tito. Papa demanda à Tito de nous la prêter à condition que ce soit pour travailler sérieusement. Pas question de l'emporter à l'école ou de la sortir de la maison pour frimer. C'était un cadeau sérieux et ce jour-là fut un moment mémorable dans la vie de ma famille.
Maman était contente pour nous, mais elle savait aussi que son mari avait des projets très ambitieux pour nous. Il avait commencé à lui parler le soir quand nous dormions. Il rêvait, et la guitare n'était que le début de ses plans. Très vite, il nous a acheté non plus des cadeaux, mais de l'équipement. Jermaine reçut une basse et un ampli. Jackie, des shakers. Petit à petit, notre chambre se mit à ressembler à un magasin de musique. J'entendais souvent papa et maman se disputer parce que tous ces instruments et accessoires coûtaient beaucoup d'argent et qu'elle avait déjà du mal à joindre les deux bouts. Mais papa savait la persuader et il connaissait toutes les ficelles.
On avait même des micros dans la maison. A l'époque, ça représentait un véritable luxe, surtout pour une femme qui devait gérer un budget très petit, mais j'ai très vite compris qu'il ne s'agissait pas d'un caprice inutile. Cela nous permettait de nous préparer pour les concours d'amateurs que nous faisions très souvent. J'y ai vu des gens qui devaient sûrement chanter très bien quand ils étaient chez eux, mais qui ne savaient pas se servir d'un micro et qui criaient trop fort, comme s'ils voulaient prouver qu'ils n'en avaient pas besoin, ou qui tout simplement étaient paralysés dès qu'ils se retrouvaient devant cet appareil. Ils n'avaient pas l'avantage que nous avions, avantage que seul l'expérience peut donner. Je pense que cela a rendu jaloux beaucoup de nos concurrents. Il est certain que notre maîtrise des micros nous donnait un plus sur eux. Mais puisque nous faisions tellement de sacrifices, en loisirs, amis, travail scolaire, personne avait le droit de nous en vouloir. Nous devenions vraiment bons, mais nous travaillions comme des adultes.
Pendant que je regardais mes frères plus âgés, papa avait décidé de nous joindre deux jeunes garçons à l'orgue et à la batterie. Il s'agissait de Johnny Jackson et Randy Rancifer. Marlon, quant à lui, jouait des bongos. Motown a prétendu par la suite qu'ils étaient nos cousins, histoire d'embellir la mythologie familiale. C'était faux. Par contre, nous étions devenus un véritable orchestre. Moi, j'étais comme une éponge, et j'essayais d'emmagasiner autant que je pouvais, en observant les autres. J'étais complètement fasciné quand mes frères répétaient, ou jouaient pour une œuvre de charité, ou dans les centres commerciaux. Celui qui m'épatait le plus, c'était Jermaine, parce qu'il était le chanteur, et qu'il était mon grand frère, Marlon était trop proche de moi. Jermaine m'emmenait à la maternelle, et j'héritais de tous ses vêtements. Quand il faisait quelque chose, j'essayais de l'imiter. Quand j'y parvenais, je faisais mourir de rire mes frères et mon père, par contre, quand j'ai commencé à chanter, ils m'ont écouté.
Je chantais avec une voix de bébé, en imitant les sons que j'entendais. J'étais tellement jeune que je n'avais aucune idée de ce que signifiaient les mots que je disais, mais plus je chantais, plus ma voix s'affirmait.
J'ai toujours su danser. Comme Marlon n'avait qu'un an de plus que moi, je le suivais partout et je l'observais, parce que Jermaine devait porter sa basse. Très vite, je me suis préparé à rejoindre mes frères en m'exerçant à chanter tout seul à la maison. En travaillant tous ensemble, nous avons très vite pris conscience de nos forces et de nos faiblesses, et chacun trouva sa place, naturellement.
Notre maison, à Gary, était minuscule. Il n'y avait que trois places, mais à ce moment-là, elle me paraissait plus grande. Quand on est petit, le monde entier paraît tellement plus vaste. Quand nous sommes retournés à Gary quelques années plus tard, ce fut une véritable surprise de voir combien la maison était petite. Elle n'était pas plus grande qu'un garage, et pourtant, quand on y vivait, à nous les enfants, elle nous convenait très bien.
J'ai un souvenir très vague de l'école, si ce n'est le premier jour d'entrée à la maternelle, que j'avais détesté : je ne voulais pas quitter ma mère.
Par la suite, comme tous les autres, je m'y suis fait, et j'ai adoré mes institutrices. Elles étaient toujours très douces et très affectueuses avec moi. Chaque fois que je passais d'une classe à l'autre, elles pleuraient et m'embrassaient en me disant que ça leur faisait beaucoup de peine que je les quitte. Je les adorais à un tel point que je volais les bijoux de ma mère pour leur en faire cadeau. Elles étaient très touchées, mais quand ma mère s'en est aperçue, j'ai dû mettre un terme à ma générosité. Ce besoin que j'avais de leur donner quelque chose montrait toute la gratitude que j'avais pour l'amour que l'on me donnait.
Un jour, en primaire, j'ai participé à un petit spectacle, organisé à l'école. Il fallait que chacun participe à sa manière. En rentrant chez moi, j'en ai parlé avec mes parents. On a décidé que je porterais des pantalons noirs et une chemise blanche et que je chanterais " Climb Ev'ry Mountain " un extrait de " The Sound of Music ". Quand j'eus fini de chanter, la réaction du public me submergea. Tout le monde souriait et la salle croulait sous les applaudissements. Certains étaient debout. Mes institutrices pleuraient. Je n'en revenais pas. Je les avais rendus heureux. C'était extraordinaire. En même temps, je me sentais embarrassé, parce que personnellement, je ne me trouvais rien de spécial. Je chantais seulement comme j'avais l'habitude de le faire chez moi tous les soirs. Quand on est sur scène on n'a aucune idée de l'image qu'on projette de l'autre côté. On se contente d'ouvrir la bouche et de chanter.
À partir de ce jour, papa a commencé à prospecter pour nous trouver des concours d'amateurs. C'était un manager de premier ordre. Il dépensait beaucoup d'argent et de temps pour travailler avec nous. Le talent, c'est Dieu qui nous le donne, mais notre père nous a appris à le cultiver. De plus, je pense qu'on avait l'instinct du show-business. On adorait être sur une scène, et on donnait tout ce qu'on avait dans le ventre. Chaque soir, à notre retour de l'école, papa s'asseyait à côté de nous, et on répétait. On jouait pour lui, et il nous faisait ses critiques.
Quand on se plantait ou qu'on faisait les fous, il nous ratait pas. Les coups de ceinture pleuvaient ! Il ne nous passait rien. Il était vraiment très sévère avec nous. Marlon en prenait souvent plus que nous.
Par contre, moi, je me faisais battre pour des bêtises, en dehors des séances de répétition. Papa me rendait tellement fou de rage et me faisait tellement mal que j'essayais de me rebiffer et de lui rendre ses coups, ce qui ne faisait qu'aggraver les choses. Je lui balançais une chaussure par la figure, ou je tentais de lui mettre un coup de poing. Du coup, j'en prenais encore plus que les autres réunis. Je lui rentrais dedans et mon père me laissait sur le carreau. Maman m'a dit que je m'étais toujours rebiffé contre ses coups, même quand j'étais tout petit. Cela, je ne m'en souviens pas. Je me rappelle que je courais sous les tables pour lui échapper, et ça le rendait encore plus fou. Lui et moi, nous avons eu des relations très difficiles.
On répétait " tout le temps ". Parfois, tard le soir, on s'amusait avec nos jouets. On a pu faire quelques parties de cache-cache, ou sauter à la corde, tout au plus. La plupart du temps, on travaillait. Je me souviens que nous nous précipitions tous sur nos instruments dès que nous entendions mon père arriver. S'il ne nous trouvait pas en train de répéter, ça risquait de chauffer pour nous.
Maman nous aidait autant qu'elle le pouvait. C'est elle qui avait senti notre talent et elle continuait à nous encourager à utiliser notre potentiel. J'ai du mal à imaginer que nous serions arrivés là où nous sommes sans son amour et sa bonne humeur. Elle s'inquiétait de nous voir travailler autant, de la tension dans laquelle nous vivions, mais nous voulions être les meilleurs et nous adorions la musique.